La toponymie fait aujourd’hui partie intégrante du paysage urbain. Elle nous renseigne tout particulièrement sur les étapes qui ont marqué le développement d’une municipalité. À chaque numéro du journal Station Mont-Royal, avec l’aimable collaboration de la Ville de Mont-Royal, nous retraçons l’histoire d’une rue de la ville.
Rue Jean‐Talon
Jean Talon (1625-1694) fut, à deux reprises, intendant de la Nouvelle-France, soit de 1665 à 1668 et de 1669 à 1672. Nommé par Colbert, il fut aussi le premier titulaire de ce poste. En débarquant dans la colonie, il misa sur une diversification des activités économiques en développant en particulier certains domaines comme la construction navale, la pêche, les métiers artisanaux, l’agriculture et le commerce colonial. Mais pour soutenir cette expansion, il fallait nécessairement accroître la population, et pour atteindre cet objectif, il édicta différentes mesures. Il encouragea les soldats en poste dans la colonie à y demeurer et fit venir, de France, des contingents de colons et de jeunes filles à marier. On gratifiait aussi ceux qui avaient des mariages précoces et des familles nombreuses. De retour en France en 1672, le roi en fit son secrétaire et lui attribua la dignité de comte d’Orsainville. L’œuvre laissée par Talon est importante mais malheureusement n’eut pas de continuité en raison notamment des coûts faramineux encourus par ses projets. Toutefois, il en resta sa réforme administrative et juridique qui continua d’être appliquée. Dénommée à l’origine par la Ville de Montréal, la rue Jean-Talon a d’abord été connue sous l’appellation chemin du Petit-Liesse et puis, jusqu’en 1959, sous celle de rue Namur, année où on lui attribua la désignation actuelle.
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