Depuis sa constitution le 21 décembre 1912, 14 maires et mairesses se sont succédé à la tête de Mont-Royal, incluant la période où la ville est devenue temporairement un arrondissement de Montréal entre 2002 et le 1er janvier 2006. Le 5 novembre prochain auront lieu les élections municipales partout au Québec. L’occasion d’ouvrir l’album photo des élus qui ont façonné l’histoire de la Cité modèle.
Le premier magistrat
Le 21 décembre 1912, lorsque Mont-Royal s’ajoute à la liste des municipalités québécoises, la ville occupe environ 485 hectares et est pratiquement inhabitée, ne comptant qu’une quinzaine d’électeurs.
En janvier 1913, Thomas Darling, qui, en 1910, est responsable du service de la vente de terres au Chemin de fer du Nord-Canadien, préside la première assemblée du conseil municipal de Mont-Royal, dans la maison de ferme de Cléophas Fortier, à l’intersection de l’actuelle avenue Walpole et du chemin Saint-Clare. Tommy, pour les intimes, est alors élu maire. Jusqu’à la remise de sa démission, en 1934.
L’histoire de Darling s’écrit encore aujourd’hui avec plusieurs points d’interrogation. Était-il l’homme qui connaissait (un peu trop bien) les rouages de la Ville? Une chose est sûre, c’est que ce premier magistrat passait la majeure partie de son temps au service de sa ville, à titre de surintendant des travaux publics et d’acheteur avec un salaire annuel de 2 500 $, selon une décision du conseil, datée du 13 mai 1918. C’est lui qui dirigeait les négociations de raccord des lignes électriques et téléphoniques avec Montréal; du gaz, de l’aqueduc et des égouts. Il en savait un rayon sur la gestion des affaires. Mais en fait, il accumulait aussi les frasques, semble-t-il. De ce que l’on sait, il aurait placé des centaines de milliers de dollars de fonds d’amortissement de la Ville dans des hypothèques détenues par la Title Guarantee and Trust Compagny; notamment dans des maisons closes sur la rue Guy.
Ce qui ne l’a toutefois pas empêché, après sa destitution, d’avoir un poste de conseiller de la Ville jusqu’en 1937; ainsi que de participer aux affaires municipales en 1945, et de se faire payer le double de ce qu’il était prévu, soit 580 $, en plus de 250 $ supplémentaires pour clore le dossier. Quoiqu’il en soit, la mémoire de Darling persiste. Son nom a été donné à un parc en 1983. Les rues Glencoe, Inverness, Kenilworth et Portland ont été créées sous sa juridiction. Et ses préoccupations face aux enjeux esthétiques liés au développement de la Ville a certainement donné le ton à l’ensemble de ses successeurs dans la continuation de la mise en valeur du patrimoine propre à Mont-Royal. Rappelons que le septième règlement de la Ville adopté par Darling était dédié à la protection des arbres le long des rues de la cité-jardin.
L’affranchissement de la Ville
À partir du printemps 1934, la Ville connaît une évolution mitigée avec les trois maires qui suivront. Frederick Johnson, un haut dirigeant de la Bell du Canada, démissionne après un an; Samuel Hanson, agent montréalais de l’Ottawa Transportation Company, n’est en poste qu’un mois; et John Arthur Dakin, entrepreneur prospère et responsable du développement de nombreuses propriétés à Mont-Royal depuis les années 1920, cède, malgré ses bons coups, son siège de maire à Robert Smith, cadre supérieur à la Bell du Canada, pour reprendre ses activités de promoteur immobilier, en novembre 1937. S’ensuivra Maynard Metcalf, un cadre supérieur au Canadien National; Richard Earle Schofield, l’homme derrière l’hôtel de ville; et Reginald John Partrigde Dawson, dont le règne de 36 ans est l’un des plus longs dans les annales municipales du Canada !
Viendra ensuite Vera Danyluk, sur deux mandats espacés, puisqu’elle a quitté son premier pour la présidence du comité de la Conférence des maires de banlieue (CUM). Cette dernière a entre autres ouvert la voix à un conseil multiethnique et composé en majorité de femmes. Enfin, jusqu’à ce que Mme Danyluk soit de nouveau au pouvoir, la période de Pierre Brisebois, Ricardo Hrtschan, ainsi que de Suzanne Caron, à titre de mairesse d’arrondissement, sera tumultueuse avec les fusions forcées puis les défusions. La Ville renaîtra le 1er janvier 2006. De son côté, le maire actuel Philippe Roy, avocat de profession, à qui l’on doit notamment la première politique de l’arbre dans la ville verte, briguera la mairie de nouveau lors des élections municipales du 5 novembre.
Le Journal Station Mont-Royal s’est inspiré du livre Le Cadeau Royal : histoire de la Ville de Mont-Royal, de John Kalbfleisch, pour la rédaction de cet article.
| 1913-1934 | Thomas Stephen Darling |
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Frederick (Fred) Johnson | Samuel (Sam) H. Hanson |
| | Robert Smith | Maynard Albert Metcalf |
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| | | Ricardo Hrtschan |
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