L’hôtel de ville est pratiquement devenu sa deuxième maison. Mais après cinq élections, dont trois où il a été porté à la mairie par acclamation, le maire Philippe Roy souhaite maintenant passer à autre chose.
Philippe Roy dans l'une de ses dernières interventions en tant que maire de Ville Mont-Royal, au dévoilement du monument aux réfugiés vietnamiens, au parc Atholstan. PHOTO STATION MONT-ROYAL Philippe Roy, originaire de Senneville dans l’Ouest-de-l’Île, venait à peine d’arriver à Ville Mont-Royal avec sa famille en 2004, qu’un an plus tard, il devenait conseiller municipal au sein du parti Action Mont-Royal, dans l’équipe de l’ancienne mairesse Vera Danyluk.
Seize ans plus tard, dont 11 ans passés à la mairie, Philippe Roy estime avoir atteint ses objectifs « haut la main. »
« En près de 10 ans, la valeur foncière de Ville Mont-Royal est passée de 4 milliards de dollars à 9 milliards de dollars », soutient-il, en précisant que Mont-Royal « a l’un des plus bas taux de dettes sur l’île de Montréal. »
Dans son bilan, l’avocat de formation est aussi fier des avancées qu’a fait Mont-Royal en matière de développement durable durant la dernière décennie, mais aussi des « coups d’accélérateur » qu’il a donnés pour que Mont-Royal soit moins « ville-dortoir », plus dynamique et densifiée. La cité-jardin a en effet accueilli près de 2750 nouveaux résidants depuis 11 ans.
Philippe Roy a souvent fait les manchettes ces dernières années, notamment au sujet du projet Royalmount qui suscite la controverse depuis ses débuts. Rappelons que le conseil municipal de Ville Mont-Royal a donné le feu vert à cette construction en septembre 2015.
Or, plus récemment, on racontait aussi que la haine qui circule sur les réseaux sociaux avait fait en sorte que M. Roy jette l’éponge. « Ma décision était prise depuis longtemps », nuance toutefois M. Roy. « Quand j’ai commencé mon troisième mandat en 2017, c’était très clair que c’était le dernier. »
Il admet que les deux dernières années ont été « moins intéressantes » avec la pandémie. Mais révèle aussi que « des groupes d’opposants professionnels à Ville Mont-Royal » ont aussi mis sa patience à l’épreuve. Ces « groupes d’opposants professionnels », comme il s’amuse à les appeler, sont des citoyens « qui s’opposent à tout », laisse-t-il savoir. Ils « réussissent à miner des projets — à les bloquer — puis, peut-être qu’après 16 ans en politique municipale, j’ai senti que c’était le temps de laisser une autre équipe continuer les projets », confie-t-il.
La vérité, admet-il, c’est « qu’il n’y a pas de vraie raison pour expliquer mon départ. J’avais fait le tour du jardin. C’est intense d’être maire, c’est 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. J’ai 53 ans, donc c’est sûr que j’ai le goût d’avoir de nouveaux défis. »
M. Roy ne pense pas revenir en politique de sitôt. « Seize ans en politique, c’était beaucoup », affirme celui qui va continuer comme vice-président chez Groupe financier PEAK, poste qu’il occupe à temps plein depuis 2018.
Lorsqu’on lui demande s’il part la tête haute, M. Roy répond « oui, tellement! », mais avoue aussi avoir une « déception » : celle de « ne pas avoir réussi à livrer le Centre sportif. »
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