PHOTOS ARCHIVES DE VILLE MONT-ROYAL ET JOURNAL STATION MONT-ROYAL
Il y a 60 ans, naissait au coeur de la ville un magnifique repaire de roses, mieux connu aujourd’hui sous le nom de roseraie Pierre-Elliott-Trudeau. La Société d’horticulture de Ville Mont-Royal— qui en a fait don à la ville à l’époque, n’avait que pour seul objectif « d’ajouter de la beauté » à la cité-jardin, rapportait le Weekly Post, après l’inauguration en 1958.
Ernest Burchell Jubien, un conseiller municipal de 1947 à 1949, et ancien président de la Société d’horticulture de Ville Mont-Royal, est celui à qui l’on doit le succès de ce trésor culturel. Du moins, en large partie.
Dans un livret de six pages, nommé A community Rose Garden, daté de 1959, ce dernier relate pas mal à un détail près la petite histoire de cette roseraie. À commencer par le choix de son emplacement, dans le parc Connaught. Un endroit « utilisé comme pépinière dans les jeunes années du développement de la ville. »
En avril 1957, alors que M. Louis Perron, un architecte paysagiste, est engagé par la Ville pour réaliser les plans du jardin, plus de 2000 rosiers de différentes variétés sont prévus sortir de terre. Mais vu la contrainte de temps, M. Jubien en décide autrement.
Que 1200 rosiers pour commencer; et la balance des 800 autres l’année d’après. Une bonne idée somme toute. Puisque le test du premier été, et du premier hiver, surtout, restait tout de même à passer.
Selon le récit, à part quelques pucerons ici et là, le premier été de la roseraie s’était assez bien passé. Même chose pour ce « very severe winter » de 1957-58. De fait, pas un rosier, pas un seul des 1200 rosiers, n’y a succombé.
Une petite victoire donc, pour ce comité permanent du Rose Garden, qui, avec toutes leurs ressources et connaissances— sur la culture de la rose convenant au climat québécois notamment, avait assuré un maximum de vigilance.
L’été 1958, en revanche, alors que l’on procédait à des applications de pesticides sur une base hebdomadaire, une sévère infestation de spores s’était manifestée à la fin juillet; en plus d’une attaque de mildiou, début septembre. Des maladies que M. Jubien s’expliquait alors par la « venue de nouveaux buissons plantés ce printemps-là. »
Il faut dire que la question portant sur les avantages des différents porte-greffes utilisés dans le jardin, semait particulièrement la controverse parmi les rosiéristes à l’époque, à la lumière des écrits de M. Jubien.
« La majorité des Hybrid Tea plantés dans ce jardin ont été greffés à des canina [plus connu sous le nom d’églantier]; tandis qu’en 1958, on a aussi utilisé un peu de multiflora. (…) Il serait extrêmement intéressant de voir les résultats de ça dans les années futures », laissait-il savoir.
La Ville fait une fleur à la famille Trudeau
Le 17 septembre 1984, alors que le Premier ministre du Canada quitte la vie politique active cette année-là, la Ville de Mont-Royal souhaite reconnaitre le service rendu par le très honorable Pierre Elliott Trudeau (1919-2000).
À titre de premier ministre du Canada durant 16 ans (d'avril 1968 à juin 1979 et de mars 1980 à juin 1984), et de député de Mont-Royal pendant 19 ans (de 1965 à 1984), le conseil de ville nomme non seulement en son honneur la roseraie Pierre Elliot-Trudeau, mais décide aussi, que, lui seul, sera autorisé à cueillir des roses pour son usage personnel, nonobstant tout règlement interdisant le prélèvement de fleurs dans les jardins publics.
À savoir maintenant si ce privilège se poursuit, Alain Côté, de la division des Affaires publiques, répond que « bien qu’à l’époque, la résolution du conseil s’adressait à M. Trudeau père (on se rappelle qu’il aimait bien porter la fleur à la boutonnière…) et compte-tenu de la belle relation qu’entretient la Ville avec la famille, c’est avec plaisir que M. Justin Trudeau pourra cueillir des roses pour son usage personnel dans la roseraie. »
Rappelons que le 14 juin 2007, à la mémoire de M. Michel Trudeau, le fils de Pierre-Elliott Trudeau, décédé lors d’une avalanche en 1998, la famille Trudeau a offert cinq rosiers destinés à la roseraie, en présence des deux autres frères, Justin et Alexandre.
Cette variété de rose rosa rugosa « Michel Trudeau », est le résultat du hasard, apparu au cours de l’été 1999, d’un semis du jardin de l’une de ses tantes.
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