Le référendum sur l’emprunt que compte faire la Ville de Mont-Royal pour la construction du nouveau Centre sportif et communautaire (CSC) se déroule ces jours-ci, deux journées de vote par anticipation ces dimanche 9 et lundi 10 février, suivi d’un vote général dimanche prochain, 16 février.
Le 9 et 10 février, les Montérois pouvaient voter par anticipation au référendum. PHOTO LE JOURNAL STATION MONT-ROYAL Si le camp du OUI s’avance avec une relative certitude, le camp du NON se démène pour affirmer avec assurance son désaccord. Prises de paroles lors des assemblées, contre-argumentations, distributions de tracts, sites web et facebook. La lutte est rude ces jours-ci dans les rues de Mont-Royal.
« Non à l’emprunt, mais Oui à un centre de loisirs moins surdimensionné », clame Michel Faure, président de la campagne du NON. « À l’origine, il y avait un projet estimé à 33 millions. Avec un surplus cumulé de 20M$, un emprunt modeste complèterait ce budget. Mais de 33M$, on a sauté à 48,7M$ soit 50% de plus », explique-t-il en insistant sur cet emprunt de 27,8M$ : « Les Monterois sont-ils en faveur de cet emprunt, c’est la question du référendum ! »
« Pour ce montant de 48,7M$, on annonce une augmentation de taxes de 155$ par an, alors que pour le projet initial à 33M$, on prévoyait entre 370$ et 420$ d’augmentation des taxes. C’est difficilement crédible… », commente Michel Faure.
Référendum ou ultimatum ?
Le Camp du Non estime qu’un tel montant d’emprunt doublera la dette à long terme de la Ville et s’inquiète des délais et des éventuels dépassements souvent fréquents dans ce type de projet immobilier important. « Pourquoi abandonner un projet qui peut être modifié ? », répondent-ils au maire qui annonce que si le Non l’emporte, le projet serait abandonné et qu’il n’y aura pas de plan B. « Cela sonne comme un ultimatum », commentent les Contre.
« La loi référendaire municipale est telle que la ville peut injecter des fonds publics illimités dans la campagne du OUI, alors que le NON n’a droit à rien », affirme Michel Faure. « Ceci fait que les partisans du NON financent involontairement avec leurs taxes la campagne du OUI », commente-il.
Déficit de démocratie
« Qui a été consulté ? », demande Barbara Lapointe. Selon cette ancienne candidate au poste de conseillère, seulement un groupe ciblé et restreint de 19 résidents invités, une rencontre avec une quinzaine de représentants de 10 associations sportives, culturelles et communautaires; et « un comité d’usagers composé de 8 résidents choisis par le Conseil pour aller de l’avant avec le projet du centre sportif, mais sans aucun procès-verbal, rapport, compte-rendu ou analyse n’existe ».
Selon Barbara Lapointe, 76% des répondants d’un sondage téléphonique en novembre 2016 se disaient favorables au projet de centre sportif dans ces conditions, mais ce chiffre représente seulement 381 des 502 résidents sondés en tout et pour tout !
Bref, « quelques personnes concernées et intéressées seulement, alors qu’une véritable consultation publique aurait tenu compte de toute la gamme de la population », regrette Michel Faure.
D’autres coûts ?
Selon Peter Malouf, un expert en gestion d’installations sportives, « ce référendum à propos de l’emprunt n’était pas nécessaire. Il aurait fallu un sondage en profondeur, en plusieurs étapes pour informer, éduquer les Monterois sur le projet et faire de réelles consultations publiques : c’est de la responsabilité des élus! Or, plusieurs citoyens n’ont découvert le projet dans sa forme et ses coûts que lors de la présentation du 23 janvier dernier ! »
« Les consultations permettraient de retourner sur la planche à dessin et faire des ajustements, considérer d’autres avenues. Ce bâtiment de 3 acres, c’est énorme. Il n’y a aucune proposition pour remplacer l’espace vert requis », poursuit Peter Malouf. « Pourquoi croyez-vous que les bâtiments (aréna, curling, REC, mairie, etc.) sont construits sur le pourtour de cet espace vert ? Ce terrain instable demanderait l’enfoncement de 50 pieux pour tenir l’ensemble… »
« On ne sait pas grand-chose des coûts d’entretien, reprend Michel Faure. Cela reste plutôt flou malgré la consultation publique du 23 janvier. Alors qu’avec un projet un peu plus modeste, de l’initiative et de la bonne volonté, on a des solutions adéquates. »
Référendum ou plébiscite ?
« Ce référendum risque de diviser la communauté, surtout si les résultats sont serrés », pense Michel Faure. Devient-il une patate chaude dans les mains des parties en lice ? La pugnacité de ses débats raconte-elle autre chose ? Est-il seulement question d’un emprunt pour un projet immobilier ? L’Équipe municipale espère-t-elle un plébiscite ?
« On sent une certaine irritation dans la population. Cette administration nous place régulièrement devant le fait accompli », avance Michel Faure. « Cet état d’esprit est palpable depuis le projet Royalmount qui se développe dans la controverse générale. Cette frustration plus large exige une remise en question… »
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